Tous les hommes ont un désir naturel de savoir

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« Tous les hommes ont un désir naturel de savoir » : Saint Augustin pensait, comme Aristote, que le goût d’apprendre est naturel. Les bébés, ces chercheurs en herbe, semblent le confirmer. Plus étonnant : ni la soif ni les capacités d’apprendre ne semblent s’éteindre avec l’âge. Avec l’aide scolaire, l’élève prend les devants sur ses capacités à apprendre.

Le philosophe Aristote le dit dès la première phrase de sa Métaphysique. Pour le philosophe, le désir d’apprendre est naturel et commence par le simple fait de tourner les yeux pour s’intéresser à ce qui se passe. J’entends un cri, je vois un attroupement, je veux savoir. Telle est pour Aristote, la base de la curiosité naturelle.

Mais vouloir savoir ne signifie pas forcément vouloir apprendre.

D’ailleurs, quand on observe un enfant qui veut faire marcher un appareil et qu’on lui demande d’interrompre son tâtonnement fébrile pour écouter une explication précise, il manifeste de l’agacement, reprend l’objet et nous signifie qu’on lui fait perdre du temps. Apprendre, c’est accepter de perdre de vue, au moins un moment, la satisfaction immédiate. Apprendre, c’est, souvent, gâcher du matériel ; c’est, toujours, surseoir à la volonté de réussir dans l’instant…

Qu’en est-il donc du désir de savoir ?

Il ne suffit pas de répéter les grands auteurs pour valider une théorie. Comment savoir s’ils ont raison : existe-t-il vraiment une soif d’apprendre nichée dans les tréfonds du psychisme humain ? Il est possible désormais de donner quelques bases empiriques à cette hypothèse.

Combien de parents se plaignent, alors que leur enfant à six ans posait mille et une questions et s’émerveillent de tout, de le voir à douze ans rétif aux apprentissages, apathique, comme aspiré par ses écrans ?

Trois écoliers et collégiens sur quatre affirment « aimer peu, voire pas du tout aller en classe ». Un sur quatre disait s’y ennuyer souvent, voire tout le temps… L’Éducation Nationale est en cause : les progrès des élèves sont avant tout liés à leur désir d’apprendre et à leur persévérance, sans passer par une aide scolaire.

Or, les méthodes d’enseignement utilisées dans notre pays ne sont pas les plus performantes pour motiver les jeunes, leur transmettre la flamme qui les fera aller au bout d’eux-mêmes. Agnès Baumier-Klarsfeld journaliste, auteur notamment de Pourquoi vos enfants s’ennuient en classe, a enquêté au Canada, en Chine, à Singapour, au Japon, dans les pays nordiques. Elle montre à quel point nos pratiques scolaires, héritées de l’histoire, gagneraient en s’inspirant d’expériences étrangères. En attendant la révolution pédagogique, son livre aidera les parents et les enseignants en quête d’idées à donner aux jeunes enfants les clés de leur réussite.

Le système scolaire de la France est bien difficile à bouger, alors que les écarts se creusent.

Les réformes se suivent en ayant un point commun : le manque de moyens mis sur la table pour que cela change.

Face à cela, reprise par les didactiques, la réponse de la pédagogie, est de s’attacher à l’obstacle. C’est la fameuse méthode développée par Jean-Jacques Rousseau dans l’Émile « ruse pédagogique » : on se soumet apparemment au désir de savoir de l’enfant et l’on introduit un obstacle à la réalisation de ce désir qui impose d’apprendre. On trouve cela dans les « méthodes actives » de l’Éducation nouvelle : le projet mobilisateur impose des acquisitions qui sont ensuite réinvesties dans le projet lui-même.

Professeur qui propose une aide scolaire.

On trouve cela dans les « situations-problèmes » où le professeur organise la rencontre avec un obstacle qui permet de dériver l’énergie cognitive vers des apprentissages programmés. On trouve cela aussi dans la distinction fondamentale entre la tâche (qui renvoie à la mobilisation sur un projet et au désir de réussir au mieux et au plus vite) et l’objectif (que l’on rencontre à l’occasion de la mise en œuvre de la tâche, qui fait l’objet d’une acquisition mentalisée et stabilisée et qui peut être transféré). Moins immédiatement visible quoique, l’objectif est donc plus important que la tâche… puisqu’une fois la tâche terminée et oubliée, il va demeurer et contribuer au développement du sujet.

Martine Menès, Psychanalyste et psychothérapeuthe auteur de L’enfant et le savoir : d’où vient le désir d’apprendre ? (Édition Seuil, sept 2012) nous explique comment apparaît et s’entretient le désir d’apprendre. Pour un enfant, le désir de savoir et le désir d’apprendre, est un désir de vie, grâce à l’écoute, le toucher, le regard…Rarement le problème de l’échec scolaire est pris d’où il naît : de ce qui, chez l’enfant, rend l’apprentissage possible : son désir de savoir.

Il n’y a pas de bonne pédagogie sans désir d’apprendre

Qu’est-ce que le désir d’apprendre ?

Le désir d’apprendre n’est pas le désir de savoir. Vous pouvez désirer savoir parler l’Anglais en vue d’un voyage au Etats-unis mais ne pas vouloir faire l’effort nécessaire à l’apprentissage de l’anglais. Le désir d’apprendre est synonyme de motivation. Sans désir, pas de question, pas d’apprentissage, surtout sans une aide scolaire.

Pour Philippe Meirieu , le plaisir naît :

Des heures de tâtonnement et des instants d’émerveillement que la compréhension du monde et des hommes offre, Du sentiment qu’on vient d’accéder à quelque chose qui vient de nous et qui nous échappe en même temps.De la rencontre entre notre intelligence, nos questions les plus intimes et l’intelligibilité du monde, les réponses les plus universelles.

En ceci, la découverte du plaisir d’apprendre est l’acte fondateur de toute éducation. Un prof particulier peut y contribuer également.

Gaston Bachelard (philosophe français) « transformer l’ennui de vivre en joie de penser. »

A quoi sert le désir d’apprendre ? Plus vous est impliqué, plus vous vous poser des questions. Plus on se pose de questions, plus on a le désir de savoir et comprendre.

La mémoire enregistre mieux quand on est motivé.

On ne s’ennuie pas quand on recherche une connaissance qu’on estime utile ou plaisante.

Le regard posé sur l’enseignant ou la personne qui va amener le savoir recherché est résolument positif, la relation et les échanges pédagogiques en seront alors plus riches et constructifs.

Le désir pousse à atteindre le but qu’on s’est fixé, à réaliser un projet avec une aide scolaire.

Le regard porté sur soi-même change : les apprentissages autodirigés sont sources de fierté (en termes d’autonomie, de dépassement de soi, de confiance en ses capacités, de réussites) aussi bien que de plaisir. Dans le désir d’apprendre, il y a une volonté de s’approprier le monde, une volonté de participer à l’humanité, une volonté de vivre !

Comment susciter le désir d’apprendre chez l’enfant ?

Il a été prouvé que l’envie d’apprendre et l’aide scolaire ne déclinent pas avec l’âge et ne disparaît jamais complètement. Pour preuve, les seniors remplissent les salles de conférences et les cours d’université populaire.Un individu qui éprouve du désir d’apprendre peut alors s’investir et donner de sa personne : ni l’échec ni la peur ni le caractère rébarbatif de la tâche ne le rebutent. Dans ce cas, une aide scolaire est toujours bien venue.

Pour la sociologue Elise de Villeroy, le bébé fut longtemps considéré comme un être passif à qui il fallait inculquer les savoirs les plus élémentaires. Or, depuis quelques décennies déjà, les psychologues du développement ont démontré que l’enfant est un agent actif qui explore son environnement physique, social, culturel pour y capter seul une grande partie de ce qu’il sait. « En matière de langage par exemple, il suffit de plonger un bébé dans un bain linguistique pour qu’il apprenne seul à identifier les sons, les mots puis les règles de grammaire. Inutile de lui enseigner explicitement à parler. Ce désir spontané d’apprendre touche de nombreux domaines. Le nourrisson s’intéresse à tout ce qui l’entoure ; il explore du regard et des mains tout ce qui est nouveau ».

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Rares sont les enfants qui ne désirent pas réussir.

Le goût des apprentissages pourrait-il (re)naitre par une approche du sens ? Les élèves sont demandeurs d’enseignements tangibles qui les relient à leur quotidien. Les professionnels de l’enfance et de la petite enfance peuvent accompagner les jeunes parents pour susciter ce désir d’apprendre. Dans l’enseignement maternel, le désir d’apprendre est abordé par le jeu, par des projets qui donnent sens. Ce souci du désir d’apprendre semble diminuer dès l’enseignement primaire. L’école serait-elle le lieu d’une démotivation à apprendre sans avoir besoin de l’aide scolaire ?

Certains professeurs travaillent beaucoup sur ce désir d’apprendre des enfants, ces mises en conditions d’apprentissage efficaces et durables, mais la plupart des professeurs se retrouvent cloués par les contenus de leur programme, sans trop oser en sortir pour découvrir ce qui éveillera l’envie d’apprendre chez leurs élèves.

Et l’aide scolaire pour le jeune qui décroche.

Mais faut-il attendre que le jeune décroche complètement du monde scolaire sans une aide scolaire. Qu’il soit envoyé par exemple dans un des (SAS) Services d’Accrochage Scolaire qui réalisent un travail formidable avec les jeunes en décrochage, mais où les places sont très limitées, pour se préoccuper de cette étincelle du désir indispensable aux apprentissages ?

Le travail sur la motivation ne serait-il pas fondamentalement la clé de la réussite scolaire ?